Lancement des «bots» développés avec la HES-SO Valais

Développé avec la HES-SO Valais, une chaîne de 3 bots est déployée sur Facebook. Ces «anges gardiens» numérique réalisent ce qu’une centaine de collaborateurs ne réussiraient pas à faire: apporter une aide instantanée lors de crises dues au sevrage tabagique. L’objectif : améliorer significativement le taux de réussite par rapport aux programmes traditionnels.

Start-up et Haute École réunies. Fabrice Joliat et Roland Savioz (ObeeOne),
Fabien Dubosson, Roger Schaer, Michael Schumacher (HES-SO Valais)

Les bots peuvent intégrer dans leur mémoire gigantesque l’expérience de milliers d’utilisateurs. Plus ils agrègent de données, et plus ils deviennent «intelligents». Pourquoi, dès lors, ne pas mettre ces capacités phénoménales au service de la lutte contre le tabagisme ? C’est le pari de la start-up ObeeOne, pionnière dans le domaine d’arrêt de masse du tabac.

La difficulté : répondre individuellement à l’urgence
La difficulté majeure rencontrée lors des précédents programmes était d’apporter une réponse immédiate et personnalisée aux 7’000 candidats inscrits. Des centaines de collaborateurs n’y auraient pas suffi !

La solution : une chaîne de 3 bots
«La HES-SO a développé en huit mois ce que  tous les médecins et le monde de la prévention cherchent depuis des années : une intervention d’urgence immédiate, pertinente et personnalisée», explique Roland Savioz, CEO d’ObeeOne. Les bots vont poser une série de questions au participant afin de mieux le connaître et d’analyser ses habitudes de consommation.

Une fois les éléments de contexte rassemblés, les algorithmes vont croiser ces informations avec les milliers de données issues d’enquête menées auprès des candidats romands ayant participé au programme «J’arrête de fumer» pour, au final, apporter au participant la meilleure des solutions dans  les situations de crise qui vont se présenter. « Pouvoir utiliser les potentiels des bots et de l’intelligence artificielle pour lutter contre le tabac nous a tout de suite enthousiasmé. Même si pour le moment les techniques concrètes d’intelligence artificielle que nous intégrons dans ces bots sont encore basiques, elles pourront dans le futur améliorer grandement la personnalisation de la prise en charge », confirme Michael Schumacher, professeur à la HES-SO Valais.

Un enquêteur, un stratège, un ami fidèle

  1. Bot N° 1 – L’enquêteur
    Ce premier bot va interroger les 7’000 Romands ayant participé au programme «J’arrête de fumer» déployé sur Facebook en 2016. Il va recueillir méticuleusement, un à un, les témoignages, les stratégies utilisées, les moments pénibles, les états dépressifs. Ensuite, il va classer dans sa phénoménale mémoire l’ensemble de ces informations en fonction de l’âge, du sexe, du profil du fumeur, de son taux de dépendance, etc. Cet enquêteur bénéficiera donc d’une formidable banque de données qu’il va pouvoir mettre au service des nouveaux candidats au sevrage.
  2. Bot N° 2 – Le stratège
    Le deuxième bot, lui, va entrer en conversation avec chacun de ces candidats à l’arrêt. Ensemble, ils vont répertorier toutes les cigarettes fumées durant une semaine: la première du matin, celle d’après le café, celle fumée en raison du stress, par besoin ou habitude, etc. À l’issue de la semaine les deux partenaires se connaissent parfaitement bien. Le bot N° 2, le «stratège», va maintenant préparer dans sa mémoire un plan de bataille totalement individualisé afin de mettre en déroute un ennemi particulièrement vicieux : la nicotine.
  3. Bot N° 3, l’ami fidèle
    Le troisième bot est le plus puissant : c’est le compagnon de lutte qui va assister personnellement le candidat durant les 3 mois du programme d’arrêt. En cas d’envie soudaine et forte, de risque de craquer, le candidat appelle à l’aide son ami fidèle, via son smartphone. Quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, N° 3 est présent pour lui. Et surtout il sait quelle cigarette fait défaut à cet instant-là. Et quelle stratégie de substitution proposer. Cette stratégie n’est pas issue d’un programme standard : elle est le résultat de ce que le fumeur aura planifié lui-même durant la phase préparatoire. L’aide est non seulement immédiate, elle est surtout individualisée. En plus de sa propre recette, N° 3 va encore lui indiquer tout ce qui a marché pour les autres candidats qui partagent le même profil (âge, préférences, addiction, etc.). Le candidat applique la solution proposée, il est sauvé. Et il le sera à chaque nouvelle crise car son ami fidèle sera toujours là avec chaque fois une stratégie adaptée à son besoin.


Et toujours l’esprit Facebook

Totalement novateur dans sa stratégie d’aide ciblée via les bots intelligents, le programme de sevrage reprend aussi les acquis qui ont fait le succès de la campagne «J’arrête de fumer » de 2016: la dynamique collective de Facebook, l’entraide, et les conseils des spécialistes (médecins, tabacologues, psychologues, nutritionnistes) à même de répondre aux multiples défis du sevrage nicotinique. Après deux ou trois semaines sans tabac, les envies vont peu à peu disparaître. Et après trois mois, le candidat est considéré comme non-fumeur. Mais il aura toujours à disposition son précieux No 3 pour l’épauler et l’assister en cas de coup dur, de charge émotionnelle très forte. Et cela même après plusieurs années !

Cette approche est révolutionnaire et porteuse d’espoir pour les deux millions de fumeurs qui cherchent à se débarrasser de leur dépendance au tabac. Elle permet à la fois de prendre en charge un très grand nombre de participants tout en leur apportant une réponse immédiate et individualisée. Le programme est déployé ces jours en Suisse romande sur Facebook.

Pour  participer il suffit de taper «J’arrête de fumer 2018» dans la barre de recherche Facebook ou de suivre ce lien : www.facebook.com/jarrete.de.fumer.2018/

Site Internet : www.jarretedefumer.ch

Avec le précieux soutien de  Sébastien Mabillard, membre de la direction de Cimark et CEO de Swiss Digital Health.


Sébastien Mabillard

Le projet a été initié et rendu possible par Sébastien Mabillard, organisateur du marathon de la santé connectée (Arkathon). C’est à l’occasion de ce défi de 48 heures non-stop de développement informatique qu’une première maquette de robot conversationnel a été développée. Sébastien Mabillard est le conseiller stratégique qui veille depuis à orienter le projet sur de bons rails.