Phénomène de société: 7’000 Romands arrêtent de fumer ensemble

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Une méthode totalement nouvelle est déployée en ce moment même sur l’ensemble de la Suisse romande, un programme pour arrêter de fumer dont les résultats font exploser toutes les prévisions en matière de participation. Le projet tablait sur 4’000 à 6’000 candidats, ce sont au total 7’000 fumeurs qui se sont inscrits. La puissance des réseaux sociaux est en passe de révolutionner la manière d’aborder le sevrage de la cigarette, on découvre avec cette approche des taux de participation de 40 à 80 fois supérieurs à ceux des méthodes traditionnelles de recrutement.

En quoi la méthode est révolutionnaire ? Ici, tout est lié : l’information, le recrutement et le programme de désaccoutumance se font au même endroit, sur le même support. Tous les jours, durant 6 mois, les candidats reçoivent des conseils personnalisés. Mais surtout, ils forment une grande communauté solidaire où chacun peut partager ses difficultés, ses angoisses, ses baisses de moral et obtenir rapidement du soutien tant des autres participants que des spécialistes de la désaccoutumance qui les assistent de 6 à 23 heures, 7 jours sur 7.

Sortir son téléphone portable plutôt que son paquet de cigarettes

L’envie de fumer ne dure que 3 minutes environ. Pour résister à ce besoin, les candidats sont incités à venir sur la page Facebook « J’arrête de fumer ». Quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, il y aura toujours quelque chose de nouveau, quelqu’un du « Groupe des 7’000 Romands » qui sera connecté et prêt à dialoguer. Les candidats liront des conseils, mais surtout, ils pourront partager leurs difficultés avec d’autres. Au début, certains viendront 30 ou 40 fois par jour. Puis, au fur et à mesure du sevrage, avec la diminution des symptômes, ils éprouveront moins le besoin de demander du soutien.

Une méthode inédite développée en Suisse romande

D’ordinaire les programmes anti-tabac se concevaient en plusieurs étapes. Une première action – de communication essentiellement – recrutait des candidats par voie d’annonces, de spots ou de dépliants disposés dans les cabinets médicaux. Ce premier pas franchi, il fallait encore inciter les personnes à se rendre à un cours, soit obtenir un déplacement physique une fois par semaine. Avec cette nouvelle méthode, l’information, la promotion et le programme de désaccoutumance se font en même temps, sur le même support : toutes étapes intermédiaires ayant été supprimées. Plus besoin non plus de se déplacer à un lieu donné pour suivre le programme, c’est désormais le programme qui vient chez vous via votre téléphone portable. Résultat ? 7’000 Romands se sont inscrits sur les 6 pages cantonales en l’espace de 2 mois. Parmi ces milliers de candidats la plupart ont tout essayé – et même plusieurs fois – afin de se libérer de leur dépendance. Pourquoi cette fois serait la bonne ? Premier point : le soutien quotidien, une vingtaine de personnes – médecins, tabacologues, spécialistes du mouvement et de l’alimentation, chargés des réponses – se relayent de 6 à 23 heures, 7 jours sur 7, pour répondre aux sollicitations des candidats. C’est une grande organisation à l’esprit start-up qui a été mise en place. En plus de cette aide professionnelle de la désaccoutumance, le succès de la réussite repose sur la solidarité entre les participants : les angoisses, les baisses de moral, les envies subites seront décrites sur les pages et aussitôt de nombreux compagnons de galère seront là pour aider celui qui craque. Tôt le matin ou tard le soir, il y aura toujours quelqu’un de solidaire en ligne. La solidarité ? On n’a encore rien inventé de mieux à ce jour pour franchir les caps psychologiques difficiles, l’entraide des 7’000 Romands étant, ici, la plus puissante des thérapies.

Une nouvelle tonalité

« Le Fonds de prévention du tabagisme » (FPT) voit un grand potentiel dans ce projet, déclare Peter Blatter, responsable du Fonds de prévention du tabagisme. D’abord, c’est à notre connaissance le seul qui a mobilisé autant de fumeurs. Ensuite, nous avons l’impression que la nouvelle tonalité qui voit les fumeurs comme les alliés de la prévention et qui essaie de construire une contre-industrie du tabac a le potentiel de changer la façon de faire de la prévention du tabagisme en Suisse. Enfin, le grand écho que le projet a eu non seulement dans les médias mais également en mobilisant des individus, des communes et des organisations montre qu’il n’a probablement pas encore épuisé tout son potentiel. »

Ne pas grossir. Tempérer la nervosité. Tout est désormais pris en compte

La prise de poids est un facteur de rechute, certaines candidates de la phase pilote, menée en Valais en septembre dernier, ont déclaré avoir recommencé à fumer suite aux 2 à 3 kilos pris lors de l’arrêt. Aussi cette nouvelle version du programme intègre des modules complémentaires sous forme de conseils pratiques concernant l’alimentation et l’activité physique. Le sport est un puissant allié contre le tabac, il aide à faire baisser l’irritabilité née du sevrage de la nicotine et à limiter également la prise de poids. Si le projet se veut romand, les groupes d’arrêt garderont un ancrage cantonal. Le programme « J’arrête de fumer » couple en effet conseils personnalisés et solidarité entre candidats. Il est donc important que les participants puissent trouver non seulement un soutien via Facebook, mais également dans les activités de la vie quotidienne. Des candidats peuvent ainsi se retrouver « en vrai » pour pratiquer les activités sportives proposées par le programme ou pour échanger. Une nouvelle industrie qui cible un demi-million de Romands 100’000 cigarettes par jour qui ne sont pas fumées 9 millions de francs soustraits à l’industrie du tabac 7’008 candidats inscrits Taux de participation 40 à 80 fois supérieurs 700 décès causés par une maladie due au tabac évités (hypothèse d’un taux de réussite de 20%) 10 ans d’espérance de vie supplémentaire pour chacun

Programme ciblant 500’000 personnes en Suisse Romande

Cette opération d’envergure est une nouvelle industrie, une industrie de la désaccoutumance qui a pour objectif de cibler les 500’000 Romands fumeurs, dont la moitié souhaite aujourd’hui mettre fin à leur addiction. Les études sont sans équivoque : un fumeur sur deux désire de toutes ses forces se débarrasser de ce poison, ce programme ira chercher chacun d’eux dans l’ensemble des six cantons romands.

Il est permis de rêver : à l’échelle Suisse, ce programme réunirait 30’000 candidats.

 

Notre communiqué de presse du 20 mars 2016: 7’000 Romands arrêtent de fumer ensemble